Expliciter les compétences du B2i

L’évolution des pratiques en classe ou en dehors, ainsi que celle des attentes de l’institution en matière d’utilisation et d’usage des TIC ont conduit à une mise à jour du B2i. Si le traditionnel classement en 5 domaines reste inchangé, certaines compétences ont été reformulées, modifiées ou remplacées. Cet article a pour but d’apporter un éclairage sur chacune d’entre elles afin d’en expliciter le contenu et faciliter ainsi leur validation en classe.

Les parties grasses des différents intitulés signalent un changement par rapport à la version antérieure.

Domaine 1 : S’approprier un environnement informatique de travail

1-1) Je sais désigner et nommer les principaux éléments composant l'environnement informatique que j'utilise à l'école et je sais à quoi ils servent

Le terme d’environnement se substitue à celui d’équipement et le champ sémantique abordé s’agrandit pour englober tout ou partie des services dématérialisés utilisés par les élèves. Si comme précédemment les élèves les plus jeunes se contenteront d’identifier les noms et fonctions des équipements immédiatement observables (souris, clavier, écran, unité centrale…) on ajoutera à cette liste les notions de logiciels, réseaux et autres espaces numériques au fur et à mesure que leur utilisation sera intégrée dans la pratique de l’école et de la classe.

1-2) Je sais me connecter au réseau de l'école ; je sais gérer et protéger mes moyens d'authentification (identifiant et mot de passe ou autre authentifiant).

Dans la précédente version du B2i cet item était validé par tout élève étant capable d’allumer l’ordinateur et de lancer de manière autonome un logiciel. Il était donc particulièrement susceptible d’être validé dès la maternelle. Le nouveau libellé est tout à la fois plus spécifique et moins précis. Il intègre en effet implicitement une partie de l’ancienne compétence (difficile de se connecter à un ordinateur qu’on n’aurait pas préalablement mis sous tension) mais y ajoute des éléments propres aux écoles disposant d’un réseau avec identification individuelle des utilisateurs, ce qui est loin d’être le cas le plus répandu, en dehors des établissements ENR.

Pour les écoles dépourvues d’un tel réseau ou pour des élèves dont l’âge ou le degré de maîtrise de l’outil ne permettrait pas la mémorisation et la saisie d’identifiants de connexion, une première approche peut-être établie en utilisant les comptes d’utilisateurs standards que l’on retrouve sur la plupart des systèmes d’exploitation. Les élèves apprennent ainsi dès le cycle 1 à se connecter avec le compte qui correspond à leur statut (reconnaissance de l’icône ou du nom) et pas avec celui de l’enseignant. (pour en savoir plus sur la création de comptes d’utilisateurs voir ici).

1-3) Je sais enregistrer mes documents dans mon espace personnel ou partagé en fonction des usages.

Cette compétence remplace celle concernant le maniement de la souris et le placement du curseur, qui constitue de fait un préalable à la plupart de celles présentées ici, et reprend pour partie l’item 1.4 de l’ancienne version qui était validé par les élèves capables d’accéder à un dossier, ouvrir et  enregistrer un fichier. Comme pour l’item 1.1, la nouveauté réside dans l’introduction de la notion de réseau et dans l’utilisation conjointe d’espaces de stockages personnels et collectifs.

Même pour une école ne disposant pas d’un serveur de documents ou d’un réseau local opérationnel, il est relativement aisé d’amener les élèves à maitriser cette compétence en créant sur les machines des dossiers spécifiques pour chaque élève (que l’on nommera avantageusement Elève 1, Eleve 2, Elève 3… afin d’éviter d’avoir à les recréer chaque année) pour qu’il y enregistre son travail personnel ainsi qu’un dossier “Classe” destiné à recueillir les oeuvres collectives ou destinées à être partagées.

1-4) Je sais retrouver et ouvrir un document préalablement sauvegardé.

Couvrant l’autre partie de l’ancien item 1.4, cette compétence peut être travaillée dès la maternelle en plaçant des raccourcis sur le bureau pour simplifier l’arborescence. Pour les élèves de cycle 3 cette faculté à explorer et maîtriser son espace de travail peut même être étendue à des espaces situés au delà du seul ordinateur et inclure des supports amovibles (clés USB…) ou des dossiers distants et partagés (via un réseau local ou un serveur de documents)

Domaine 2 : Adopter une attitude responsable

2-1) Je connais et respecte les droits et devoirs indiqués dans la charte d'usage des TIC de mon école.

Si cet item ne comporte aucune nouveauté, la systématisation de la mise en place des Chartes d’usage des TIC dans les écoles a beaucoup progressé au cours des deux dernières années avec l’adjonction au règlement type départemental d’un modèle de charte adultes et d’un autre destiné aux élèves (voir ci dessous).

Ces documents ne sont pas simplement destinés à être signés pour tranquilliser sa conscience et immédiatement oubliés mais doivent faire l’objet, et c’est particulièrement vrai pour la charte élève, d’une présentation et d’une explicitation auprès des usagers. On ne peut pas attendre d’un élève qu’il se conforme à une charte vaguement entre-aperçue en début d’année et dont on ne lui aurait rien expliqué des tenants ni des aboutissants. De plus selon les séances mises en place par l’enseignant, un rappel à tout ou partie de la charte pourra être bénéfique avant leur lancement, en particulier pour des activités de recherche, publication ou communication en ligne.

Il est également conseillé d’afficher ce document auprès des postes utilisés afin de rappeler que leur usage fait l’objet de règles précises et consenties. Pour les élèves non lecteurs, une adaptation de cette charte sur le mode des règles de vie ou de cour qui fleurissent dans les maternelles peut être envisagée, même si l’iconographie risque de s’avérer quelque peu délicate à réaliser.

2-2) Je sais que j'ai droit au respect de mon image et de ma vie privée et à la protection de mes données personnelles.

La sensibilisation au contenu de ce nouvel item peut facilement être introduite à l’occasion de la signature par les parents des autorisations de diffusion de photos et de travaux d’élèves (indispensables pour toute diffusion en dehors du cadre purement scolaire) et approfondie lors de toute activité de publication et/ou communication en ligne.

Pour les classes qui ne souhaiteraient pas s’engager dans ce type d’activités, le recours aux clips éducatifs de Vinz & Lou sur Internet (également disponibles sur support CD pour les classes non connectées) peut constituer une alternative ludique et efficace afin d’aborder ces problématiques. On peut également se référer au site surferprudent.org, recommandé par Eduscol.

2-3) Je respecte les autres dans le cadre de la communication électronique et de la publication en ligne (propos injurieux, diffamatoires, atteinte à la vie privée ou toute autre forme d'atteinte).

S’il peut apparaître comme évident que les élèves impliqués dans un projet de publication en ligne seront astreints au respect des règles élémentaires du droit et de la bienséance, il est important d’insister sur le fait que ces règles s’appliquent également aux différents moyens de communication électroniques (mail, chat, forum…) mis à la disposition des élèves. L’enseignant devra savoir repérer les situations permettant de provoquer des échanges sur ce sujet avec les élèves, car l’absence d’incident ne constitue pas une garantie que cette compétence ait été intégrée par l’ensemble de la classe. C’est encore plus vrai pour les classes qui n’ont pas d’activité en ligne et qui peuvent comme précédemment se rabattre sur les mésaventures de Vinz et Lou pour amorcer le débat.

2-4) Je connais et tiens compte des conditions d'inscription à un service en ligne ; je sais quelles informations personnelles je peux communiquer; je me protège et protège ma vie privée.

A cette heure, les services en ligne auxquels il est fait référence dans l’intitulé de ce nouvel item conservent une large part de leur caractère mystérieux. La plupart des réseaux sociaux étant interdits aux moins de 13 ans, ils ne concernent (du moins pas individuellement) les élèves de l’école primaire et, en dehors de la création de boîtes mail personnelles par ces derniers eux-mêmes, rares seront pour eux les occasions de procéder à une adhésion en ligne.

On peut toutefois se servir de sites pédagogiques requérant une inscription pour tenter une première approche de ces questions. Le site “Il était une histoire” (voir ici) permet ainsi aux utilisateurs identifiés d’accéder à des fonctionnalités supplémentaires et de sauvegarder leurs paramètres personnels. C’est également le cas de certains sites d’exercices en ligne qui donnent ainsi la possibilité de sauvegarder ses résultats et de garder une trace de sa progression.

Pour le reste, il reste encore et toujours les incontournables Vinz et Lou.

2-5) Je sais que je dois alerter l'enseignant présent si je me trouve face à un contenu ou à un comportement qui me semblent inappropriés ou illicites.

Reprenant un des éléments constitutifs de la charte d’usage dont il est fait mention à l’item 2.1, cette nouvelle compétence a surtout pour objectif de permettre à l’enseignant de “détailler” ce qui pour lui relève du contenu inapproprié (l’absence du message avertissant de la présence du filtre proxécoles au démarrage du navigateur pouvant en faire partie) et de rappeler aux élèves quelle est la conduite à suivre en cas d’incident de navigation. On peut d’ailleurs ajouter à l’alerte de l’enseignant, l’extinction du moniteur dans la liste des mesures d’urgence à déployer en cas de crise.

2-6) Si je souhaite récupérer un document, je vérifie dans quelles conditions j'ai le droit de l'utiliser.

La question de la propriété des contenus dématérialisés est toujours délicate à aborder avec des élèves dont les pratiques domestiques sont souvent en contradiction directe avec les grands principes énoncés par des enseignants qui ne sont pas toujours eux-mêmes des modèles en la matière.

Le meilleur moyen de sensibiliser les écoliers aux questions de droits d’auteur et de propriété intellectuelle sans tomber dans le dogmatisme consiste encore à faire d’eux des acteurs de la publication sur Internet. Devenus “producteurs” de contenus ils seront d’autant plus sensibles à l’usage qui pourrait être fait de leurs oeuvres et travaux par des tiers irrespectueux. En leur demandant de signer leurs productions et de manifester leur volonté de les partager librement ou non, on les incite également à rechercher ce consentement (ou son absence) lors de leurs activités de recherche et de collecte de documents.

Là encore, Vinz et Lou sont susceptibles d’apporter leur pierre à l’édifice.

Domaine 3  : Créer, produire, traiter, exploiter des données

3-1) Je sais produire et modifier un texte, une image ou un son.

Si cette compétence reconduite à l’identique depuis la précédente version, est l’une des plus renforcée parmi l’ensemble de celles qui composent le B2i c’est avant tout parce qu’elle recoupe le champ d’expertise de la plupart des enseignants. Dans les faits, ces derniers ont d’ailleurs souvent tendance à se focaliser quasi exclusivement sur l’aspect traitement de texte de cet item, négligeant les riches possibilités offertes par le travail sur l’image et le son (auxquels on peut supposer que la vidéo viendra s’ajouter lors d’une prochaine révision du B2i).

Si cet item rencontre autant de succès c’est également parce qu’il est adaptable à tous les niveaux, de la maternelle au CM en fonction des logiciels utilisés. Ces logiciels, nerfs de la guerre dans ce cas précis, sont pléthores et proposent des fonctionnalités et des degrés de complexité très étendus. Voici une liste sommaire de programmes gratuits dans les domaines de la création et du traitement du texte de l’image ou du son :

Traitement de texte:

Traitement de l’image :

Traitement du son :

3-2) Je suis capable de produire un document personnel en exploitant le résultat de mes recherches.

Cette nouvelle compétence prend de l’avance sur le programme strict du domaine 3 puisqu’en faisant référence au fruit de recherches préalables, elle induit une corrélation avec celles du domaine 4, s’informer et se documenter. Si on souhaite la pousser plus loin que la simple capacité à manier le copier/coller, on pourra faire appel à des programmes dont les spécificités vont obliger les élèves à structurer et à organiser le contenu de leurs recherches.

C’est le cas par exemple des logiciels de présentation type Impress ou powerpoint dont le découpage par diapositive impose aux élèves un travail de tri et de regroupement des informations autour de critères thématiques et chronologiques et facilite ainsi l’élimination des redondances et l’éparpillement des données. Une fois réalisés, les diaporamas peuvent être visionnés localement ou projetés via un video projecteur ou même encore publiés sur Internet.

3-3) Je connais et respecte les règles de typographie (accentuation des majuscules, signes de ponctuation, espacements, etc.).

Si pour l’ancienne mouture la simple capacité technique à réaliser ces différentes opérations (mise en majuscule, saisie de la ponctuation…) était suffisante pour valider la compétence, la nouvelle exige l’intégration des règles qui préside à l’utilisation de ces fonctionnalités en plus de leur maîtrise. Certaines de ces règles peuvent être introduites dès la maternelle, l’utilisation de la barre d’espace se révélant un facteur facilitant de l’acquisition de la segmentation de la phrase en mots chez les tout petits. On pourra également s’appuyer sur le correcteur orthographique des dernières générations de traitement de texte qui souligne les erreurs d’espacement et de placement des signes de ponctuation pour attirer l’attention des élèves sur le sujet.

3-4) Je sais utiliser les fonctions d'un logiciel pour mettre en forme un document numérique.

Si les fonctionnalités susnommées sont susceptibles de différer d’un logiciel à un autre et selon le type de document réalisé, certaines sont invariantes quel que soit le programme choisi. Ce sont d’ailleurs celles qui étaient détaillées dans l’ancien item 3.4) Je sais utiliser les fonctions copier, couper, coller, insérer, glisser, déposer.

Si ces fonctions restent inchangées sur le fond d’un logiciel à l’autre, la manière d’y recourir est elle soumise à variation. Le maître se gardera donc d’imposer une méthode mais permettra aux élèves de faire leur choix parmi les différentes solutions possibles (icône, clic droit, raccourci clavier)

Chacune de ses fonctions nécessite également pour être mise en oeuvre que l’élève maîtrise le processus de sélection des données à traiter/modifier, opération qui est loin d’être évidente et dont l’acquisition est une étape essentielle à ne pas négliger.

3-5) Je sais regrouper dans un même document, texte, images et son.

Là où le B2i 2006 se contentait de suggérer la cohabitation de ces trois éléments en les coordonnant d’un simple “ou”, le “et” ferme et définitif de la nouvelle version impose la création d’un document multimédia composite mêlant texte, image et son. Ce genre de production ne pouvant être obtenu avec le simple traitement de texte, les enseignants auront forcément à se tourner vers de nouvelles formes de mise en valeur des travaux des élèves.

Parmi celles-ci, on peut citer les présentations multimédia (Impress, powerpoint…) déjà évoquées plus haut et dont les diapositives pré-formatées permettent une utilisation dès le cycle 2, mais également les logiciels de création de CD-Rom (Médiator) ou de livres numériques (didapages) ou bien encore les blogs et sites d’école qui, quelle que soit la technologie utilisée, permettent le voisinage harmonieux de ces 3 médias.

3-6) Je sais imprimer un document mais ne le fais que si nécessaire ; je sais adapter la qualité et la taille de l'impression à mon besoin (brouillon, recto verso, impression partielle, etc.).

L’évolution de cet item le fait basculer d’une relative simplicité  (Je sais imprimer un document) vers une complexité technique et philosophique importante. Complexité technique tout d’abord, car si  les interfaces des différentes imprimantes diffèrent grandement les unes des autres, elles ont pour trait commun une ergonomie assez peu adaptée aux élèves du primaire, ce qui risque de réserver les joies du recto verso intercalé aux seuls cycles 3.

Au final la question de savoir ce qui doit être imprimé ou non est plus simple à trancher, dans la mesure ou en dehors d’un produit fini destiné à figurer dans le cahier de classe pour témoigner de l’activité de l’élève ou d’une épreuve de brouillon d’un travail en cours (imprimé pour le coup dans la qualité du même nom) pour relecture et correction, il est très rarement utile de recourir à l’impression des productions des élèves, d’autant plus que ce nouveau B2i met résolument l’accent sur les réalisations multimédias, lesquelles ont tendance à perdre un rien de leur intérêt une fois couchées sur le papier. Il est en tout cas formellement déconseillé d’imprimer des pages et des pages de recherche Internet, mieux vaut en effet avoir recours au stockage numérique (via le copier coller) ou à l’enregistrement des sites ressources grâce aux favoris du navigateur.

Domaine 4  : S’informer, se documenter

4-1) Je sais consulter des documents numériques de plusieurs types (documentation, manuel numérique, livre électronique, podcast, etc.).

La version 2006 du B2i avait signé le basculement au tout Internet en éliminant les références aux supports matériels mentionnés dans l’édition originale (CD-Rom et autres…). Ces derniers font donc un retour remarqué dans le millésime 2011 sous la forme de livres électroniques ou de manuels numériques. L’apparition de ces supports, ainsi que celle du podcast, laissent supposer une évolution vers des pratiques de plus en plus individualisées et désynchronisées de la part des élèves. La finalité du podcast étant d’être écouté à un moment choisi par l’utilisateur lui même (pas forcément sur le temps scolaire, donc) et les manuels et livres numériques permettant également de servir de passerelle entre les activités menées en classe et la maison.

On constate aussi la réapparition discrète des documents non numériques (documentation) qui sera confirmée et amplifiée avec l’item 4.7

4-2) Je sais parcourir un tel document en utilisant les liens hypertextes ou les signets et en consultant des informations complémentaires qui y sont référencées.

Pour résumer grossièrement, on peut parler ici d’éducation à la lecture sélective et à l’utilisation des interfaces numériques. Ces dernières, et Internet en particulier, obéissent à de nombreuses conventions qui doivent être intégrées par les élèves pour qu’ils soient en mesure de mener correctement une activité de recherche et de navigation.

La plupart des élèves de cycle 3 se trouvent ainsi fort démunis devant une page de résultat proposée par un moteur de recherche lambda, incapables de faire le tri entre ce qui relève de l’interface, du contenu proprement dit ou des éventuels messages parasitaires (publicités ou autre). Il faut donc les éduquer à lire une page Internet comme on le fait pour une page de dictionnaire, à hiérarchiser les informations et identifier les constantes qui vont les guider dans leur lecture (Signalement des liens par la couleur ou le comportement de la souris, reconnaissance des éléments de navigation permanents…)

La plupart des défis-web proposés par les C-TICE du département incluent une partie consacrée à  l’étude de ces interfaces pour amener les élèves à s’interroger sur la fonction des différents objets affichés à l’écran.

4-3) Je sais utiliser, rassembler les informations issues de différents documents numériques.

Cet item recoupe en partie les compétences 3.2 et 3.5 et confirme également l’un des postulats de l’item 3.6, à savoir que l’impression des documents est postérieure au travail de regroupement et de mise en forme des informations, lequel relève entièrement de la manipulation numérique.

Pour permettre aux élèves de synthétiser des ressources issues de plusieurs supports, il faut tout d’abord qu’ils soient en mesure de les récupérer et de le stocker, ce qui suppose une organisation du disque dur offrant à chacun d’entre eux des espaces de stockages clairement identifiés et repérés (voir items 1.3 et 1.4). Ces espaces personnels peuvent eux-mêmes faire l’objet d’une structuration plus ou moins complexes selon les besoins des élèves, à l’aide de sous dossiers permettant un classement thématique ou par format (images, textes, sons…)

Le travail d’assemblage proprement dit différera quelque peu selon la nature des documents utilisés et celle du produit fini, mais la maîtrise des fonctions de base que sont : sélectionner, copier et coller (évoquées dans la compétence 3.4) sera là encore sollicitée.

Notons également que cette compétence apparaît comme très difficile à valider en dehors d’une activité réelle de recherche conduite sur plusieurs séances et amenant à la réalisation d’un produit fini (exposé, article…)

4-4) Je sais saisir l'adresse URL d'un site Web et naviguer dans celui-ci.

Cet item qui résiste farouchement à toute tentative de modernisation, et dont on pourrait penser que la compétence qu’il désigne s’approche du seuil de la désuétude, reste malgré tout encore d’actualité. Il suffit pour s’en convaincre de communiquer une adresse internet à consulter depuis la maison (site d’école…) pour s’apercevoir qu’elle n’est pas maîtrisée par de nombreux parents d’élèves. Si les nouvelles générations de navigateurs dispensent d’une bonne partie des obligations syntaxiques propres aux adresses URL, il est important d’amener les élèves à faire la distinction entre  la saisie d’une adresse internet précise (saisie dans la barre d’adresse) et une recherche sur un moteur (saisie dans le champ de recherche).

Il peut aussi être utile de prêter attention aux éléments formels composant une adresse internet de manière à identifier clairement certains d’entre eux comme le https signalant un site sécurisé, ou les différents domaines (.fr, .gouv, .com, .org…) permettant de se faire une première opinion sur la destination première du site et la fiabilité des informations éventuellement proposées.

La partie concernant la navigation elle-même recoupe largement la compétence 4.2 en la transposant d’un support hors ligne à un site internet. Il faudra donc prendre en compte des éléments propres aux différents navigateurs tels qu’il étaient détaillés dans l’ancienne version de la compétence 4.1 :  Je sais utiliser les fenêtres, ascenseurs, boutons de défilement, liens, listes déroulantes, icônes et onglets.

4-5) Je sais utiliser un mot-clé ou un menu pour effectuer une recherche.

Derrière l’apparente banalité de cet item se dissimule un des enjeux majeurs du domaine 4 : amener les élèves à effectuer efficacement une recherche sur Internet. Comme l’indique l’intitulé de la compétence le succès de la requête est en corrélation directe avec la pertinence du ou des mots-clés utilisés, or la plupart des élèves ont tendance à saisir dans les moteurs de recherche des phrases complètes voire des questions. Ils obtiennent donc des résultats extrêmement dilués et peu exploitables quand il ne s’agit pas d’une simple liste de questionnaires (Paradoxe de l’informatique, quand on pose une question à un moteur de recherche, on obtient en général une question en retour).

Il est donc essentiel de mettre en place des activités de réflexion qui vont amener les élèves, par élimination successive, à ne conserver que les éléments constitutifs de leurs interrogations pour en faire les mots clés de leur recherche.  Si on se pose, par exemple, la question de savoir qui a écrit les misérables, on retiendra les mots clés “auteur” et “misérables”.

Pour les classes disposant d’un blog, l’activité inverse est également extrêmement porteuse de sens, car en amenant les élèves à isoler les mots clés caractérisant le contenus de leurs propres articles, on développe également leur capacité à anticiper les termes les plus efficaces pour conduire une recherche sur un thème donné.

4-6) Je sais apprécier la pertinence des sites ou documents proposés (moteur de recherche, annuaire, etc.).

Le développement de l’esprit critique et analytique des élèves est également un des objectifs principaux de l’éducation aux nouvelles technologies et on ne peut que souhaiter qu’il soit accompli avec plus de réussite en ce qui concerne Internet que ce ne fut le cas pour la télévision. Les études récentes ont montré que la fracture numérique ne se situait plus aujourd’hui au niveau quantitatif mais au niveau qualitatif, la plupart des élèves se contentant d’utiliser Internet et ses ressources en moutons, pour ne pas dire en pigeons, et d’adhérer à la sacro-sainte maxime du “c’est vrai, je l’ai vu sur Internet”.

Il est donc essentiel pour l’enseignant d’amener les élèves à s’interroger sur la pertinence des informations proposées en ayant recours à diverses stratégies :

  • Identification des éléments objectifs de crédibilité et de fiabilité : les informations récoltées proviennent-elles d’un site officiel ou du blog d’un inconnu ? (à noter que dans le cas de régimes dictatoriaux  les sites officiels sont souvent moins fiables que les blogs d’inconnus). L’auteur a-t-il un intérêt particulier à éventuellement travestir ou exagérer les informations qu’il expose (à l’image de César et de son récit de la guerre des Gaules, pour prendre une exemple extérieur à la sphère numérique).
  • Croiser les informations : si une personne est la seule à affirmer quelque chose dans son coin, il est probable que ses informations soient à relativiser. Ce point fait d’ailleurs l’objet d’une compétence propre avec l’item 4.7.
  • Créér sa propre information bidon : Il est aisé pour une classe connectée de se confronter à la facilité avec laquelle on peut diffuser une fausse information sur Internet. On peut par exemple envisager de “saboter” avec les élèves, une page de Wikipédia (à condition de la restaurer ensuite) en y insérant des renseignements délibérément erronés. Un enseignant un peu entreprenant pourra également glisser parmi une liste de sites de recherche, une page créée par lui et contenant des informations fausses ou biaisées.
  • Pour les plus grands, une visite sur le site de démystification Hoaxbusters peut même être envisagée dans le cas d’une interrogation particulière (Un élève a lu sur Internet que les Aliens avaient envahi la Belgique…)

4-7) Je sais confronter entre elles les informations trouvées, qu'elles proviennent de l'internet ou d'autres sources (publications « papier », livres en BCD, etc.).

Déjà présente dans le premier B2i, cette compétence avait été éjectée lors du virage au 100% en ligne de 2006. En classe, la confrontation entre sources numériques et analogiques peut être envisagée au niveau individuel (le même élève travaille sur le même sujet sur les deux supports successivement) ou collectif (deux groupes travaillent en parallèle, l’un sur les ordinateurs et l’autre en BCD avant de comparer le fruit de leurs recherches).

Il appartiendra à l’enseignant d’éviter les caricatures pour souligner les avantages et inconvénients des deux sources, fluidité, réactivité et facilité de la recherche d’un côté contre fiabilité, disponibilité et facilité de la recherche (aussi) d’un autre.

Domaine 5 : Communiquer, échanger

5-1) Je connais et j'applique les règles propres aux différents modes de communication (courrier électronique, message court, contribution à un blog ou à un forum, réseaux sociaux, communication instantanée, etc.).

Deux écueils se présentent aux enseignants désireux de faire valider cette compétence (et la plupart des autres inclues dans le domaine 5) à leurs élèves. Tout d’abord ils doivent disposer des outils de communication détaillés dans l’intitulé de l’item, ce qui n’est pas forcément le cas de toutes les classes, et également d’une occasion de les mettre en pratique en situation “réelle”.

Dans le cas du courrier électronique, ces occasions peuvent être bien plus nombreuses qu’on ne pourrait le croire, quitte à les provoquer de manière légèrement artificielle (voir la rubrique “Correspondance électronique” de l’article suivant).

Les classes disposant d’un blog peuvent également développer un système de communication asynchrone entre élèves et enseignant via les relectures et renvois successifs des productions des élèves pendant leur élaboration, ou par le biais des commentaires et forums intégrés.

5-2) Je choisis le mode de communication approprié au message que je souhaite diffuser.

Il s’agit d’amener l’élève à différencier les informations qui doivent faire l’objet d’une diffusion publique ou privée, collective ou individuelle ou pour lesquelles il est impératif d’obtenir l’assurance de leur bonne réception.

Selon les outils mis à leur disposition, les élèves auront donc à arbitrer entre le message instantané (conversation sans objet particulier, ou demande de renseignement immédiate), la publication sur un forum (demande de renseignement publique et collective ou réponse à une question posée), le courrier électronique (message à caractère privé pouvant éventuellement revêtir un aspect plus officiel), la publication sur le blog de classe ou d’école (annonce publique et dont le contenu à été validé collectivement), courrier papier traditionnel (demande officielle).

5-3) Je sais trouver les caractéristiques d'un message ou d'une information (auteur, sujet, date de publication, destinataire ou public visé, etc.).

Contrairement aux apparences, cet item ne concerne pas uniquement le courrier électronique mais également les publications sur des blogs ou forums. Si sur le fond la validation de cette compétence ne pose aucun problème spécifique compte tenu du degré de standardisation de l’affichage de ces informations d’une plateforme à une autre, elle ne pourra toutefois avoir lieu que si les élèves sont placés en situation d’y avoir recours.

5-4) Je sais communiquer la version numérique d'un document à un ou plusieurs destinataires.

Traduit en langage courant, cet item valide la capacité d’un élève à transmettre une pièce jointe par courrier électronique ou à mettre à disposition un document en téléchargement depuis un article de blog.

Dans les deux cas, les difficultés de validation résideront principalement dans l’abondance des pré-requis, tout d’abord techniques : création du fichier à transmettre (items 3.1, 3.2, 3.4), stockage et rappel de ce dernier (items 1.3 et 1.4) mais également conjoncturels : à qui et pourquoi transmettre le fichier en question.

Les défis web et les projets collaboratifs entre classes constituent d’excellentes occasions d’échanger des fichiers par mail ou partage en ligne.

Pas de commentaire pour “Expliciter les compétences du B2i”

  1. […] Défi N°3 par Pascal Rivet, le 1 mars 2012 Ce nouveau défi web diffère légèrement de ces prédécesseurs par la forme comme par le fond. Il ne comporte en effet qu’un seul niveau de difficulté au lieu des 3 habituels et s’adresse donc exclusivement aux élèves de cours moyen. Les thèmes abordés s’articulant entièrement autour de la question des dangers d’ Internet et des bonnes pratiques à adopter sur la toile, il constitue également une excellente opportunité de travailler les items du domaine 2 du B2i. […]

  2. […] Ce défi Internet va permettre aux élèves de cycle 3 de consulter un site, d’apprendre à s’y déplacer, d’y rechercher des informations et ce faisant de valider de nombreuses compétences du B2i et en particulier celles, toujours difficile à aborder du domaine 2. […]

  3. […] détail item par item des évolutions proposées la nouvelle version du […]

  4. […] trouverez sur le site Pratic34 un article très intéressant qui explicite les compétences du nouveau B2i. En effet, le classement des compétences en 5 catégories n’a pas changé, mais par ailleurs […]


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